Respiration Équine – Equine Breathing
Mon histoire avec ma belle Islandaise
Si je publie cet article aujourd’hui, c’est parce que le parcours de ma jument islandaise m’a suffisamment marquée — et mise en colère — pour que j’aie envie de le partager.
Ses problèmes respiratoires ont commencé il y a environ trois ans. La première année, trois jours d’injections de cortisone. La deuxième année, deux séries de trois jours. Et en début d’année, il en a fallu cinq jours, puis encore trois un mois plus tard, puis encore trois le mois suivant. Au total, à fin mars, elle avait subi onze jours d’un traitement qu’on nous présente comme anodin — et le résultat ? Une insulino-résistance très largement hors normes, pour ne pas dire explosive.
En parallèle : inhalations, thérapies par champs de fréquences, homéopathie, biorésonance… tout ce qu’on peut faire naturellement pour l’aider à retrouver une respiration saine. Je commençais à me demander s’il existait une vraie solution durable.
Ce qui déconcerte, c’est qu’elle ne présente aucun des symptômes classiques qu’on attendrait : pas de fourbure, pas d’obésité, pas de Cushing, pas d’abattement. Elle est joyeuse, pleine d’énergie, se promène dans toutes les allures. Elle bénéficie d’un soutien nutritionnel adapté, a accès à l’herbe, et je la suis en acupuncture laser selon les principes de la Médecine Traditionnelle Chinoise — une formation que je suis actuellement en Allemagne, et dont les effets sur sa santé globale sont vraiment impressionnants.
Mais il fallait trouver LA solution pour sa respiration, et surtout sortir de cette spirale de traitements qui l’ont rendue plus malade qu’elle ne l’était.
Je connaissais Clare Frost depuis longtemps. Ne pas avoir eu le réflexe de la contacter il y a trois ans est l’une de mes plus grandes frustrations. J’aurais pu lui épargner tout ça.
Cela fait maintenant plus d’un mois que nous pratiquons l’Equine Breathing, et les résultats sont là — bien au-delà de ce qu’avait apporté le traitement classique. Elle respire beaucoup mieux, n’est plus poussive, récupère nettement mieux après l’effort. Elle est zen, attentive, avec une joie de vivre de pouliche qui me fait régulièrement rire. 
Elle porte l’« All Weather Breather » sans aucun problème pendant des heures, que ce soit au paddock ou au filet à foin. Je recommande d’utiliser un licol de la marque BackOnTrack pour le fixer : par respect pour la sensibilité du crâne du cheval, et parce qu’il permet un ajustement vraiment précis.
Depuis, j’ai conseillé cette méthode à deux personnes qui m’avaient confié leurs chevaux pour trouver des solutions sur le plan métabolique, comportemental et respiratoire. Leurs retours sont très positifs : ils constatent une nette amélioration sur plusieurs niveaux.
Des collègues en Autriche — qui gèrent notamment une clinique de réhabilitation des sabots et pratiquent l’Equine Breathing depuis de nombreuses années — m’ont confirmé qu’ils n’ont plus jamais eu besoin de recourir aux traitements vétérinaires classiques pour ces problèmes. Cette méthode ne remplace bien sûr pas l’avis du vétérinaire, mais elle change profondément la donne.
Aider votre cheval naturellement avec l’Equine Breathing
L’Equine Breathing est une méthode d’entraînement holistique conçue pour aider les chevaux à surmonter des maladies chroniques — headshaking, dermite estivale, troubles respiratoires — ainsi que des problèmes comportementaux comme l’anxiété. Les résultats rapportés par les propriétaires sont plus qu’encourageants.
Créée par Clare Frost, cette approche s’appuie sur les travaux du Dr Buteyko, ingénieur russe qui a étudié l’asthme chez l’humain. Son concept de départ est simple : quand on respire mieux, le corps fonctionne mieux. (C’est la version très très simplifiée — et si le sujet vous intéresse, les recherches de Buteyko valent vraiment le détour.)
Comment ça fonctionne ?
L’hypothèse centrale est que les chevaux présentant des symptômes respiratoires respirent de manière excessive. Chez l’humain, on a démontré que l’hyperventilation réduit le taux de dioxyde de carbone (CO₂) dans l’organisme — et un faible taux de CO₂ a des effets physiologiques en cascade, dont un paradoxal manque d’oxygène disponible pour les tissus.
L’Equine Breathing vise simplement à ramener la respiration à des niveaux normaux, rétablissant ainsi les taux de CO₂ et le fonctionnement physiologique optimal.
Pourquoi respire-t-on trop ?
Pour fonctionner de manière optimale, l’organisme a besoin d’une concentration en CO₂ dans les poumons environ 200 fois supérieure à celle de l’air extérieur — c’est valable pour le cheval comme pour l’humain. Le CO₂ étant un gaz, il diffuse naturellement des zones de forte concentration (le corps) vers les zones de faible concentration (l’air ambiant). Les poumons sont donc un lieu de perte constante en CO₂, normalement compensée par la production métabolique de l’organisme.
En cas d’hyperventilation, la perte dépasse la production : le taux de CO₂ chute. Le centre respiratoire du cerveau, qui est précisément régulé par le CO₂, se recalibre alors progressivement à des niveaux plus bas — et perd sa capacité à ramener la respiration à la normale. Un cercle vicieux s’installe.
Réduire la respiration pour guérir
Lorsque la méthode Equine Breathing ramène le rythme respiratoire à un niveau optimal, les pertes de CO₂ diminuent et son taux remonte progressivement. Les dommages causés par la carence en CO₂ sont réversibles : à mesure que le taux se normalise, les fonctions physiologiques altérées recommencent à fonctionner correctement, et les symptômes peuvent s’atténuer puis disparaître.
Pourquoi le CO₂ est-il si important ?
Le dioxyde de carbone est l’un des principaux régulateurs de l’organisme. Il intervient dans au moins cinq fonctions essentielles :
- La disponibilité de l’oxygène
Le CO₂ est indispensable au transfert de l’oxygène du sang vers les cellules — c’est l’effet Bohr, décrit il y a plus d’un siècle. Paradoxalement, plus on inspire d’air, plus on perd de CO₂, et donc moins l’oxygène est disponible pour les tissus. En cas de carence, les cellules basculent en respiration anaérobie, qui produit de l’acide lactique
plutôt que de l’énergie, entraînant fatigue et dysfonctionnements musculaires. L’hypoxie, ou manque d’oxygène, est un effet néfaste à l’origine de nombreuses affections.Les muscles et les organes, y compris le cerveau, fonctionnent mal en cas de déficit en oxygène, ce qui entraîne fatigue et difficultés de concentration.
(source : equinebreathing.com)
- L’équilibre acido-basique
Le CO₂ est le principal tampon des fluides corporels. Un taux insuffisant perturbe le pH, ce qui affecte d’innombrables réactions biochimiques — notamment les systèmes immunitaire et endocrinien — et peut provoquer des déséquilibres électrolytiques à l’origine de spasmes musculaires, d’arthrite ou d’ostéoporose.
- La relaxation des muscles lisses
Les organes internes — tube digestif, vaisseaux sanguins, voies respiratoires — sont constitués de muscles lisses dont la relaxation dépend du CO₂. Un manque provoque constrictions et spasmes : coliques, mauvaise circulation, difficultés respiratoires.
- Le système nerveux
À faible taux de CO₂, les cellules nerveuses deviennent hypersensibles. Tout stimulus — bruit, lumière, toucher, toilettage — peut alors devenir douloureux. Un cheval nerveux ou réactif n’est pas forcément « difficile par nature » : il peut souffrir d’un déséquilibre biochimique corrigeable.
- La biosynthèse cellulaire
Le CO₂ est impliqué dans la production de nombreux composés essentiels et dans des réactions biochimiques faisant intervenir la quasi-totalité des vitamines et minéraux.
L’adrénaline : un cercle vicieux supplémentaire
L’hyperventilation déclenche une production d’adrénaline, ce qui accélère le rythme cardiaque et fait basculer l’organisme en état catabolique (fuite ou combat). Cet état d’urgence, utile sur le court terme, n’est pas fait pour durer. Normalement, il est suivi d’un effort physique intense qui augmente le CO₂ et ramène le calme. Mais chez nos chevaux domestiques, ce défoulement intense est rarement possible.
Si un cheval est chroniquement stressé et hyperventile de façon permanente, l’adrénaline elle-même augmente la fréquence respiratoire — renforçant le cercle vicieux. L’Equine Breathing – c’est-à-dire ralentir la respiration – semble briser ce cycle en ramenant l’animal dans un état anabolique (parasympathique), favorable à la production de cellules immunitaires et à la réparation tissulaire : autrement dit, à la guérison.
Les mécanismes compensatoires
Face aux effets potentiellement fatals d’un faible taux de CO₂, l’organisme active des mécanismes compensatoires d’urgence — notamment l’excrétion de bases tampons par les reins. Ces mécanismes sont vitaux, mais ont leurs propres effets secondaires : épuisement des réserves en bases tampons et en magnésium, notamment.
Problème : ces mécanismes sont lents à se désactiver. Si la respiration diminue et que le CO₂ remonte (ce qui est bénéfique), les compensations persistent et poussent l’organisme à augmenter à nouveau sa respiration pour éliminer ce CO₂ « excédentaire ». C’est pourquoi il est très difficile, pour un cheval comme pour un humain, de retrouver seul une respiration normale sans un programme d’entraînement structuré. Des séances régulières permettent à l’organisme de désactiver progressivement ces mécanismes, car ils ne sont plus nécessaires
Acide lactique
Une faible concentration de dioxyde de carbone entraîne un manque d’oxygène pour les cellules. Les cellules musculaires entrent en respiration anaérobie et produisent de l’acide lactique au lieu de dioxyde de carbone. L’acide lactique s’accumule, devient toxique et altère la fonction musculaire. Il agit également directement sur le système respiratoire pour augmenter la fréquence respiratoire, ce qui contribue à réduire davantage la concentration de dioxyde de carbone.
Pourquoi un cheval commence-t-il à trop respirer ?
Les principaux facteurs déclencheurs sont :
- Le stress émotionnel : les chevaux sont des animaux de troupeau. Les enfermer seuls en box les prive de leurs instincts fondamentaux.
- Le stress physiologique : inactivité forcée, alimentation trop riche et pauvre en fibres, périodes de jeûne entre les repas, couvertures synthétiques qui perturbent la thermorégulation, maladies ou blessures.
- L’imitation : les chevaux semblent synchroniser leur respiration avec celle du congénère qui respire le moins bien. Un poulain fraîchement sevré qui respire bruyamment peut détériorer la respiration de tout le groupe. Les chevaux sembleraient même imiter l’hyperventilation des humains qui les manipulent.
- Le stress toxique : vermifuges, médicaments, insecticides, additifs alimentaires, résidus de pesticides — tout ce que l’organisme doit détoxifier représente un stress physiologique supplémentaire.
Pourquoi la respiration se détériore-t-elle progressivement ?
Une fois installée, l’hyperventilation tend à s’auto-entretenir : Elle produit de l’adrénaline, qui accélère encore la respiration. La baisse de CO₂ génère de l’acide lactique, qui stimule directement le centre respiratoire.
Les mécanismes compensatoires, lents à se désactiver, poussent l’organisme à éliminer tout CO₂ qui tenterait de se reconstituer (hennissements, toux…). Le centre respiratoire se recalibre progressivement sur des seuils de CO₂ de plus en plus bas, maintenant la respiration accélérée comme nouvelle « norme ».
Un programme d’Equine Breathing maintient une respiration réduite suffisamment longtemps pour que l’organisme puisse se réadapter. La bonne nouvelle : la rééducation respiratoire est possible.
Selon le degré des compensations, l’ancienneté du problème et les antécédents du cheval (un COPD installé depuis des années demandera plus de temps qu’un trouble récent), le retour à une respiration normale peut être plus ou moins long. Les premières améliorations sont souvent rapides, mais le chemin n’est pas linéaire : des moments plus difficiles font partie du processus de guérison. Chaque organisme avance à son rythme. Observez votre cheval, ressentez ses besoins, et accompagnez-le dans la durée — avec respect et sans le forcer.
Par où commencer ? Le « 1N » (un naseau)
Le 1N est la première étape de l’entraînement Equine Breathing. Ses atouts :
- Sûr et simple
- Facile à apprendre et à pratiquer
- Aucun équipement nécessaire
- Gratuit
- Les chevaux l’apprécient et s’apaisent
- Effet relaxant et calmant quasi immédiat
- Comment l’évaluer ? Pratiquez le 1N 30 minutes par jour (15 minutes par naseau) pendant une semaine. Vous serez en mesure de juger vous-même de l’effet sur votre cheval
Passer au Breather
Si le 1N vous semble bénéfique mais que vous manquez de temps pour le pratiquer aussi souvent que votre cheval en aurait besoin, les Breathers sont une alternative plus puissante et plus efficace.
Il en existe trois types : l’All Weather Breather, l’Equine Breather et le Grazing Breather, conçus pour s’adapter à différentes routines et situations. Chaque Breather est livré avec une vidéo de formation complète (les versions All Weather et Equine Breather sont disponibles en français).
Mon conseil personnel : commencez par l’All Weather Breather. C’est le plus doux et le plus flexible des trois. Après une bonne semaine de 1N, la transition se fait en observant attentivement la réaction de votre cheval. En règle générale, on commence par une à deux heures, en ajustant selon le besoin et le degré du problème, puis on augmente progressivement le temps de port. Prévoyez un jour de pause par semaine — c’est une véritable rééducation qui agit sur de multiples systèmes de l’organisme.
Rendez-vous sur equinebreathing.com (disponible en français) pour lire notamment l’évolution du cheval de Caroline — très instructif !
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édition Happyquus 6/2026 & Equine Breathing UK


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